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vendredi 16 novembre 2018

Grèce : musées et sites antiques à vendre !

J'apprends par la presse en ligne que le ministère grec des finances a transmis au TAIPED, l'agence en charge de la privatisation du patrimoine public hellénique, une longue liste de musées et de sites archéologiques ... à vendre !  Au même titre que les ex-compagnies publiques d'électricité (DEI) ou de télécommunications (OTE) et de bien d'autres entreprises appartenant autrefois au peuple grec dans son ensemble.

A vendre - Palais de Knossos

Au sein de cette liste on trouve le palais minoen de Knossos en Crète, la nécropole royale macédonienne de Vergina, la Tour blanche de Thessalonique, le musée archéologique de Véria, le site proto-historique de Santorin dans les Cyclades, les forts d'Arta et de Corfou et ... le tombeau d'Eleuthère Vénizélos à Chania !
Pour faire bon poids sans doute on trouve dans cette liste des sites naturels et des forêts estampillées Natura ou Ramsar.

Cette mise à l'encan est une conséquence du dernier mémorandum intervenu à la suite de la capitulation de Tsipras devant les créanciers en juillet 2015 et suivie de textes de loi scélérats votés par une majorité désormais aux ordres de l'Eurogroupe.

Investisseurs, achetez la culture hellénique ! Mettez barrières et vidéosurveillance dans votre nouvelle propriété, le fort vénitien de Corfou !

La citadelle de Corfou

Privatiser tout cela revient à arracher sa culture au peuple grec en premier lieu et aux peuples de l'Europe toute entière en second. Au delà d'une indignation académique bien justifiée, on peut penser aux déprédations possibles des nouveaux Lord Elgin, le consul anglais qui fit au début du 19e siècle partir pour Londres les métopes du Parthénon avec l'accord du sultan , il convient de se demander pourquoi le néolibéralisme ambiant se comporte ainsi. Certes vendre une forêt, un château ou un site antique prestigieux à un investisseur peut rapporter gros, mais quid du tombeau du grand patriote crétois Vénizélos ?

Il n'y a pas que des question immédiates d'argent là-dessous. Il y a la volonté de spolier culturellement  un peuple, de l'abrutir, de l'humilier. Et au delà d'humilier tous les autres. En grec culture se dit politismos et citoyen politis. C'est dire tout le rapport qui existe entre la citoyenneté et la culture hellénique, ce mélange d'humanités classiques, de christianisme orthodoxe et de souvenirs ottomans. "Déculturer", si j'ose dire, c'est contribuer à la mort de la citoyenneté, cette rivale politique du capital. C'est aussi porter un coup à l'identité nationale, ce mélange de langue, de peuple, de territoire et d'histoire partagés, un repoussoir pour la mondialisation, vecteur de la seule culture anglo-saxonne.
Pourquoi ? Pour faire du peuple grec, triste premier de cordée des peuples européens, les toutous dociles de la dictature des marchés.

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