vendredi 26 février 2016

l'Europe de la honte

Ce que l'on diagnostiquait il y a quelques semaines, à savoir le blocage des réfugiés/migrants venus de Turquie en Grèce est en train de se réaliser sous nos yeux : bouclage de la Macédoine, entraînant celui de la Serbie, de la Croatie et fermeture de la frontière autrichienne. Vienne prétend ainsi envoyer un "signal fort" aux migrants, de nature "à en réduire le flux".
Donc à les enfermer en Grèce sans le dire évidemment.
Les instances européennes sont déboussolées, la France absente.

Mais qu'attendent des Grecs les Européens du nord bourgeoisement installés dans leur égoïsme ? Qu'ils coulent les embarcations de fortune ? Qu'ils organisent des camps dans le Dodécanèse et en Macédoine ?
On attend qu'ils se débrouillent, qu'ils gardent leurs pauvres parmi les pauvres (on refuse parallèlement au gouvernement Tsipras l'institution d'une retraite plancher de ...384 EUR, moins que le RSA français). Et on ne fait rien pour aider le malheureux pays, attendant tout d'une Turquie dont les intérêts ne sont pas clairs, en Syrie comme dans les Balkans.
On pressent une crise humanitaire. Mais il faudrait agir pour la juguler et cesser de s'enfermer comme de tergiverser.

On est en droit de redouter un rebond de la crise économique en Grèce. Comme l'indique le gouverneur de la banque nationale, Ioannis Stournaras, la crise migratoire et la débâcle de la cohésion européenne inquiètent les investisseurs. Le tourisme, seconde activité de la Grèce, pourrait se trouver lourdement pénalisé.

L'Autriche et ses séides, c'est l'Europe de la honte.

mardi 9 février 2016

L'Hélichryse de Tinos

Au mois de juin toute l'île se couvre de bouquets d'Hélichryse, au point d'embaumer ! Cette petite Astéracée  est très facile à cueillir mais très difficile à distiller : le rendement est très faible (1/1000), c'est à dire que pour un kg de fleurs on obtient un millilitre d'huile essentielle.  Le faible rendement explique le prix élevé de cette HE, souvent plus de 50 EUR les 10 ml. Mais c'est une plante aux vertus extraordinaires !



Il existe en Méditerranée deux sortes d'Hélichryse et par là deux huiles essentielles d'Hélichryse : l'HE d'Helichrysum italicum serotinum, qui provient souvent de Corse où elle est cultivée et l'HE d'Helichrysum italicum microphyllum ou angustifolium, qui provient des côtes balkaniques où elle est plutôt cueillie. C'est cette dernière que je produis à Tinos, où abonde l'Hélichryse microphyllum sauvage. 
Son huile essentielle est un peu plus anti-inflammatoire et un peu moins fibrinolytique (apte à dissoudre les caillots sanguins) que celle de la Serotinum, mais les deux produits sont très proches dans leurs indications en aromathérapie : anti-inflammatoire, anti-traumatique et cosmétique. L'Hélichryse soigne les hématomes, combat efficacement les douleurs inflammatoires, retarde l'apparition des rides et résorbe la couperose. Une plante de bien-être et de beauté. 
La cueillette de l'Hélichryse débute à la mi-mai, en fonction de la maturité des plantes, elle-même déterminée par la météo de l'hiver. La campagne débute au bord de la mer, dans les garrigues de Lychnaftia. Progressivement il faudra prendre de la hauteur et cueillir en montagne. Le dernier champ que j'exploite se situe sur les pentes de Pateles à 600 m d'altitude. Les paysages sont toujours superbes, avec la mer Egée pour horizon.

Il faut cueillir tôt le matin, avant que le soleil n'évapore l'huile essentielle. Donc débuter vers 7 h et cesser le travail vers 10 h, en fonction de la météo, bien sûr. La cueillette est opérée soit à la main, soit à la faucille et l'on va s'efforcer de récolter les boutons avancés, les tiges étant stériles. C'est une cueillette agréable : l'Hélichryse se présente sous la forme de buissons grossièrement hémisphériques hauts de 30 à 40 cm. Pas besoin de se baisser beaucoup donc.

Au retour les fleurs sont mises à sécher sur des toiles disposées sur le sol de l'atelier, puis distillées doucement à la vapeur d'eau pendant 2 heures. On obtient une belle huile essentielle de couleur jaune clair, puissamment aromatique. Une source de santé pour toute l'année.



mercredi 3 février 2016

La chancelière, la Grèce et les réfugiés

Un article du journal grec Kathimerini fait état d'un "deal" possible entre la chancelière et le premier ministre grec : en substance si les Grecs conservent les réfugiés et les migrants sur leur sol, le gouvernement allemand se montrera compréhensif dans les négociations sur la dette. Tout cela dans le contexte d'une possible exclusion de la Grèce de l'espace Schengen et de la fermeture des frontières bulgare, macédonienne et albanaise.

La chancelière est affaiblie politiquement par les évènements de la nuit du nouvel an à Cologne et Hambourg. Machine arrière toute : l'Allemagne, si généreuse à l'automne 2015 ne veut plus désormais de ces migrants et réfugiés réputés inassimilables et rapproche sa position de celle des pays d'Europe centrale. Mais que faire de tous ces pauvres ? La solution est simple : les parquer en Grèce isolée et sans ressources.




Je suis écoeuré : d'abord migrants économiques et réfugiés sont des êtres humains dont on bafoue les droits (les fameux droits de l'homme, une des bases de la construction européenne !) en les traitant comme des ballots de marchandises, à parquer, à stocker dans un pays dont on sait qu'il n'a pas les moyens de les recevoir et ne peut que les laisser pourrir dans des camps de fortune.
Ensuite voir le gouvernement allemand, ce modèle de vertu européenne, sous la pression de sa population redevenue nationaliste tourner sa veste en quelques semaines et modérer sa posture de gendarme économique envers la Grèce bafouée est révoltant de cynisme. C'est le discours du riche au pauvre, du seigneur au manant. Les égoïsmes nationaux reprennent tous leurs droits, et dans ce cas précis Machiavel triomphe.













Rajoutons que c'est du pilotage à l'audimat, de la politique TF1. De l'affolement dû à l'impréparation de l'Europe face au phénomène migratoire et à l'inaction face à la guerre civile syrienne. Pouah !

Parcs éoliens de Tinos : comment perdre la maîtrise de son territoire

  Mon épouse et moi étions à Tinos à la fin de février. Par une belle journée déjà printanière nous nous sommes rendus à Agios Phylaktos, la...