lundi 29 mars 2021

Eoliennes : une interview de Stéphane Bern

 

Le médiatique "Monsieur patrimoine" du président Macron ne mâche pas ses mots lorsqu'il évoque l'invasion des éoliennes. Je reproduis les propos tenus lors d'une interview accordée à RT France, découverte en faisant ma revue de presse. Stéphane Bern y est désigné par ses initiales, S.B.

Le reste de la conversation est franco-français et ne peut trouver sa place dans ce blog.

Je serais ravi que les opposants aux parcs éoliens de Tinos puissent trouver de l'intérêt à ces quelques lignes qui montrent clairement le manque de volonté ou l'impuissance politique des dirigeants sur ce sujet brûlant dans les Cyclades, où la population et les élus s'opposent à des projets gigantesques promus par des sociétés au capital international dont l'objectif premier est de toucher des subventions et d'investir sans risque.





RT France : Vous vous êtes également récemment opposé à l'installation d'éoliennes. Pour vous, sont-elles une menace contre le patrimoine, le terroir, nos campagnes, notre environnement ? 

S. B. : Au début quand on ne savait pas, on pensait tous que les énergies renouvelables, c'était formidable. Mais quand elles sont plus polluantes que les énergies fossiles, il faut peut-être se poser des questions. Les Allemands renoncent actuellement aux éoliennes. D'ailleurs, il y a eu dernièrement un reportage sur Arte dévoilant la vérité sur les éoliennes, avec ces pales qui pourrissent. C'est comme quand on s'est lancé dans le nucléaire, on n'imaginait pas ce qu'on ferait 40 ans plus tard avec ses déchets. C'est la même chose. Les déchets des éoliennes, on ne sait pas quoi en faire. Et on bétonnise les sols. Ce sont des tonnes de béton dans le sol dont on ne saura que faire dans les siècles qui viennent. Les éoliennes, ce sont aussi les oiseaux qui se jettent sur les pales, c'est le bruit qui gêne les vaches, c'est cette pollution visuelle et sonore pour les hommes... Et ça détruit les paysages comme ces 12 éoliennes devant la montagne Sainte-Victoire peinte par Cézanne... Cela n'a pas de sens. Et surtout, on ne pourra jamais s'en défaire. 

RT France : Comment expliquez-vous que la France accepte cela ? 

S. B. : Il y a des lobbies européens très puissants, notamment avec de l'argent venant du Danemark. Ils n'ont cessé d'en mettre dans tout le pays et ils ont détruit leur pays. Rendez-vous compte que l'Europe nous impose de mettre plus d'éoliennes. Ce sont des lobbies terribles qui sont à l'œuvre avec beaucoup d'argent. Certains partis écologistes sont aussi financés par le lobby éolien. J'entends les maires des communes qui me disent qu'ils subissent des chantages. Tout cela se passe avec évidemment avec des dessous-de-table. Le maire qui refuse, on lui dit qu'il n'aura pas les subventions mais qu'il subira la pollution visuelle puisque les éoliennes seront installées dans la commune d'en face. Il y a des pressions qui sont faites en permanence sur les maires et sur les paysans car c'est un revenu plus important que ce qu'ils gagnent de leur travail. Mais je crois que les Français commencent à être vent debout. Il y a de plus en plus de protestations qui arrivent sur le bureau de la ministre [de la Transition écologique] Barbara Pompili et du président de la République. Lui-même en a parlé en disant que cela commençait à bien faire... Ça devient une dictature de l'éolienne. 

RT France : N'en demeure pas moins que c'est aussi l'Etat qui pousse à installer davantage d'éoliennes sur le territoire... 

S. B. : C'est ça qui est fou. La France est même revenue sur les recours, en minimisant les recours possibles contre l'éolien. Ça devient une dictature de l'éolienne. 

Pour l'anecdote, j'ai protesté auprès de la banque BNP en leur disant que je ne que je ne comprenais pas leur discours, celui de dire soutenir le patrimoine tout en soutenant l'éolien, en mettant des pages de publicités «nous investissons pour votre avenir» avec une photo d'éoliennes. J'ai dit que je ne pouvais pas accepter cela. J'ai discuté avec le PDG qui m'a expliqué : «Vous comprenez pour nous, c'est 16 milliards d'actifs, donc c'est très important.»

 L'éolien est tellement soutenu par les pouvoirs publics que les Français eux-mêmes préfèrent investir dans l'éolien. C'est en effet tellement garanti par l'Etat, que c'est un investissement sans risque.  

A chaque fois que je fais un voyage avec Emmanuel Macron, je lui montre les éoliennes et comment l'Etat détruit notre beau pays.

RT France : Justement, n'en discutez-vous pas avec Emmanuel Macron pour montrer votre mécontentement ? 

S. B. :  Je lui ai dit ce que j'en pensais. A chaque fois que je fais un voyage avec Emmanuel Macron, je lui montre les éoliennes et comment l'Etat détruit notre beau pays. Je pense que les lobbies européens sont plus puissants que le pouvoir du président.

RT France : Evidemment vous n'allez pas parler à sa place, mais sentez-vous qu'il est réceptif à ce que vous lui dites ? 

S. B. : Mais oui, et c'est cela que je ne comprends pas. Je sens un homme qui, quand même, aime son pays, son patrimoine et estime qu'il y a trop d'éoliennes. Mais après, rien ne se fait. Je pense que les lobbies européens sont plus puissants que le pouvoir du président. Je ne vois pas d'autres explications. A moins que ce soit un double langage mais ce serait décevant.


Pour conclure voici ma position sur les parcs éoliens de l'Egée : il est normal de vouloir profiter de la ressource éolienne dans le cadre de la transition écologique. Il faut rappeler qu'en Grèce une forte part de l'électricité provient de centrales au lignite très polluantes situées dans le centre du Péloponnèse et en Macédoine occidentale.

Mais pourquoi dans cet environnement délicat, dans ces petites îles, promouvoir des installations gigantesques comportant des mâts de 70 m de hauteur et davantage ? Dans le magazine TAMA de 2020 l'ingénieur Anastasia Psaltis évoquait 77 éoliennes à installer à Tinos, 235 à Naxos et dans les petites Cyclades.

Je suis pour ma part favorable à des éoliennes nombreuses, mais de petite taille, intégrées dans le paysage que j'aime. C'est certainement plus cher, bien sûr ! Et sans intérêt pour les investisseurs allemands d'Energy Cyclades Ltd.


samedi 20 mars 2021

Mes premiers pas dans la viticulture

 De tous petits pas, très modestes. Nous possédons à l'écart du village de Krokos tout à côté de notre pigeonnier quatre restanques qui étaient abandonnées ou presque en 2007. Deux étaient depuis longtemps plantées d'oliviers séculaires, une de chênes verts  installés en 2008 en vue de produire des truffes (échec mais les arbres sont beaux). Il en restait une quatrième. J'ai décidé d'y planter 35 à 40 ceps de vigne, du Potamisi mavro précisément, un cépage local bien adapté aux terrains ensoleillés.

Dans quel but ? Bien sûr et si l'opération réussit il sera agréable de boire et d'offrir du vin "maison". Mais au delà il s'agit de donner une vie nouvelle à une terre délaissée, de lui restituer un sens, de soutenir la biodiversité et accessoirement de valoriser la propriété.


Notre pigeonnier de Krokos et son environnement

Merci d'abord à deux amis, Nilufer Caglar et Markos, le tavernier du village d'Agapi. Nilufer qui exploite un vignoble important de Potamisi lefko dans la vallée de l'Agia a encouragé mon projet durant l'automne 2020 et Markos à la même période a promis de me réserver des sarments lorsqu'il taillerait sa propre vigne de Potamisi mavro. Ce qu'il a fait.

La vigne doit être plantée en deux temps. Il faut d'abord bouturer les sarments et organiser une pépinière, puis planter définitivement. La première opération doit être réalisée au début de mars, la seconde au début de l'hiver de la même année.

La pépinière vient d'être créée. Voici les étapes :

Préalablement il faut labourer la parcelle pour aérer la terre, si possible quelques semaines avant la plantation.

Les sarments à planter sont issus de la taille d'une vigne adulte, opérée en lune descendante juste avant la montée de la sève.  La plaie consécutive à la taille doit être placée dans l'eau. On peut ainsi conserver les sarments quelques jours en vie; Markos me les a donnés bruts, d'une longueur de 2 m à 2 m 50 : à Tinos les vignes ne sont pas tutorées; elles courent à terre pour être moins soumises au vent ce qui explique cette longueur inhabituelle !

Lors de la plantation il faut recouper les sarments pour en faire des boutures d'une longueur de 30 à 40 cm en conservant au moins trois bourgeons. Les boutures sont elles aussi conservées dans l'eau. Maintenant il faut planter, donc creuser la terre sur 20 à 25 cm, tailler l'extrémité de chaque bouture en sifflet, mettre en terre puis remblayer. La terre doit être arrosée avec de l'hormone de bouturage afin de faciliter l'apparition de racines. C'est un produit naturel à base de mycorhizes. J'ai planté ainsi 70 boutures, sachant qu'il y aura des pertes...

Il reste à installer le système d'arrosage qui comprend un programmateur, un jeu de tuyaux et des buses de 4 litres par heure pour chaque plante. J'ai choisi un rythme d'arrosage d'une demi heure par semaine soit 2 litres par jeune pousse.


La pépinière


Quatre jours après la plantation j'ai eu le bonheur de voir apparaître les premiers bourgeons !

Prochaine étape en novembre avec l'installation définitive sur la restanque dédiée. Mais il faudra attendre 3 ans pour jouir des bienfaits de Dionysos.



Et les bourgeons sont devenus de petites feuilles de vigne charmantes ! Des amis se sont rendus le 4 avril  à la pépinière et m'ont envoyé les photos qui suivent.





Seules 7 ou 8 boutures semblent mortes; un taux de réussite de 90 %. Fierté !

jeudi 18 mars 2021

Fleurs du printemps à Tinos

 J'ai effectué un nouveau séjour dans l'île du 8 au 15 mars et je me suis baladé sur les chemins du vieux centre de Tinos, entre Skalados, Agapi, Koumaros et Volax tout en herborisant malgré un temps changeant et pas toujours agréable. 

Une flore grecque à la main j'ai photographié les plantes les plus communes de ce début de printemps. La plupart des photos ont été prises en zone montagneuse, à une altitude de 300 - 400 m.

Naturellement je ne prétends pas être exhaustif. J'ai simplement voulu présenter à mes lecteurs l'état des plantes à une période où les Cyclades reçoivent peu de visiteurs.


L'Asphodèle (Asphodelus aestivus)

Souvenez-vous de ce passage de l'Odyssée où l'ombre d'Achille parcourt la prairie d'Asphodèles, cette antichambre de l'Hadès !


Anémone couronnée (Anemona coronata)

Pour les connaisseurs la photo a été prise près de la Panagia Spiliotissa, entre Skalados et Koumaros.

Tordyle (Tordylum apulum)

Il y avait des Tordyles partout ! Cette plante aromatique est utilisée pour parfumer salades et yaourts. Je ne m'en suis pas privé !

Bourrache (Borrago officinalis)


Près du cimetière de Skalados j'ai trouvé les premières Bourraches. Riche en mucilages cette plante est utilisée en cuisine et en médecine populaire, notamment contre la toux.

Buglosse (Anchusa ondulata)


Photographiée près de Krokos. Cette jolie plante débute généralement sa floraison à la mi-mars.


Onosma (Onosma graecum)


Photo prise près de Krokos


Ornithogale (ornithogalum atticum)


Cette jolie fleur, assez rare, ressemble à un crocus. Vue prise sur le chemin qui descend de Sklavochorio à Agapi.


Camomilles (Camomelum romanum)

En mars débute la floraison des Camomilles romaines. Cette plante est connue pour ses vertus anti-inflammatoire, cicatrisante et apaisante. Et son huile essentielle est bleue comme de l'encre, un bonheur pour les yeux.


Chrysanthème (Chrysantemum segetum)

Cette belle astéracée débutait sa floraison. En avril elle recouvre collines et restanques au point de colorer le paysage !


Lupin (Lupinus pilosus)


Vue prise près de Krokos


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Moutarde (Sinapis arvensis)



Cette plante extrêmement répandue débute sa foraison en mars. Jusqu'en juin elle va colorer les restanques ! Je me demande si l'on ne pourrait pas essayer d'en faire un condiment local. Vue prise près de Volax



Vipérine faux plantain (Echium plantagineum)

Une fleur bien élégante ! Vue prise près de Krokos.


Silène (Silene colorata)

Et pour terminer cette revue, le joli Silène qui forme de gracieux tapis roses sur le chemin qui va de Volax à Agapi.














Parcs éoliens de Tinos : comment perdre la maîtrise de son territoire

  Mon épouse et moi étions à Tinos à la fin de février. Par une belle journée déjà printanière nous nous sommes rendus à Agios Phylaktos, la...